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Je rencontre souvent des seniors en résidence autonomie, dans le cadre des ateliers Mémo-Livre.

L’an dernier, nous avons parlé des différences entre leur vie au milieu du XXè siècle et celle du début du XXIe siècle. 

Nous avons décliné mois après mois les différentes étapes de la vie et nous avons comparé hier et aujourd’hui.

J’avais envie de vous en faire partager quelques ressentis.

Le comportement des jeunes dans les lieux publics

La jeunesse d’aujourd’hui est, de l’accord général, globalement mal cadré.

Les seniors regrettent de voir des enfants souvent livrés à eux-mêmes, qui n’ont pas assez de limites.

« Dans les lieux publics, on voit couramment des enfants qui crient ou pleurent de façon excessive. Ils font des colères. »

Ça n’aurait pas été possible à leur époque. Les parents étaient beaucoup plus exigeants et n’auraient jamais permis à un enfant de se donner en spectacle de la sorte.

En tout cas, tous regrettent que l’éducation ne soit plus aussi cadrante qu’autrefois. Ils attribuent la faute à une époque où les parents sont moins disponibles pour leurs enfants et passent de plus en plus de temps à leur travail, et beaucoup de temps aussi sur leurs écrans, comme les enfants. Il y a donc moins de temps partagé en famille. 

« Autrefois, on avait plus de temps pour parler et se connaître, partager sur sa journée… »

Maintenant, chacun est dans sa bulle.

Pas de coupables

Pour autant, même si les aînés parlent de culpabilité, ils ne parlent pas de coupables. Pour la plupart, cette situation est « le reflet de la vie difficile des parents ».

Vient s’ajouter aussi la modification de la structure de beaucoup de familles. Autrefois, entre le père qui faisait figure d’autorité et la mère au foyer, le cadre était fixé par le rôle de chacun. Maintenant, les parents ne savent plus ce qu’ils doivent faire.

Sans compter « tous les conseils qui font qu’un jour, on doit faire comme ça et le lendemain autrement ». Autrefois, on suivait le modèle de nos parents en le faisant juste évoluer à notre goût. Et puis, « il y avait les grands-mères, les vieilles tantes célibataires pour garder les enfants.

Des jeunes plus libres, moins responsables

Mais la vie des jeunes n’est plus la même.

Ils ont plein de jouets et de jeux d’écrans, là où nous faisions nous-mêmes nos jeux. « Mais avec toutes ces choses toutes faîtes, ils n’ont plus d’imagination. »

Avant, on faisait soi-même sa poupée, sa voiture, on jouait avec des choses simples, mais qui faisaient jouer plus ensemble, comme les billes, la corde à sauter… On faisait aussi ce qu’on appelait les caisses à savon pour faire des courses.

« On avait peu, mais on partageait beaucoup. » Maintenant, il y a trop de choses qui poussent à la tentation d’avoir toujours plus et on ne profite pas de ce que l’on a.

Les jeunes ont plus de jeux, mais ce sont moins des jeux d’échange, et ils ne savent plus vraiment être ensemble.

En grandissant, les jeunes ont aussi la tentation du cannabis, de l’alcool… Mais ça, ce sont des tentations qui viennent avec la vie en groupe. C’était déjà le cas avant, mais comme la famille est moins présente, ces influences extérieures ont d’autant plus d’importance.

Ils ont plus de libertés que n’en avaient leurs aînés à leur âge. Et ces derniers reconnaissent qu’ils sont beaucoup plus débrouillards qu’eux au même âge.

Pour autant, ils avaient une connaissance beaucoup plus aigüe des réalités de la vie. Certains ont connu les privations de la guerre et surtout de l’après-guerre, où on manquait même de l’essentiel. On avait conscience de ses responsabilités dans la vie courante et, très tôt, on aidait à la maison.

Des jeunes moins insouciants

Cependant, la plupart des aînés de la résidence ne pensent pas que c’est plus facile pour les jeunes d’aujourd’hui. Oui, ils n’ont pas besoin de travailler jeune, mais sont-ils vraiment plus insouciants ?

On leur demande beaucoup de choses par rapport à leur avenir et ils savent, très jeunes, que ça ne va pas être simple pour eux de trouver du travail. C’est un poids très lourd sur leurs épaules de ne pas vraiment savoir de quoi demain sera fait.

Autrefois, on pouvait vivre de petits boulots et ça suffisait.

Maintenant, tout est cher et on a besoin et envie de beaucoup plus de choses. Donc il faut travailler dur à l’école si on veut s’en sortir.

Autrefois, on travaillait dur à l’école « pour les parents » et pour éviter les punitions. 

Les enfants étaient plus intégrés dans la vie de la famille et protégés des informations du monde. Aujourd’hui, ils savent tout sur les faits divers comme sur les grands problèmes de l’époque. Ça les empêche de pouvoir être insouciants, ils sont déjà impliqués dans la vie extérieure au foyer.

Conclusion

Beaucoup ont eu une enfance très courte avec le travail très jeune. Mais tous s’estiment chanceux d’avoir vécu une vraie enfance insouciante, aussi courte soit-elle, où il faisait bon vivre et faire des bêtises.

Ils ne regrettent pas de ne pas avoir eu toutes ces choses qui ne donnent que l’illusion de l’abondance, mais appauvrissent les relations humaines. Ils prônent un retour à des valeurs plus simples, mais qui sont plus cadrantes pour les enfants en bas âge.

Ils plaignent les jeunes en manque de repères et sont tout de même assez sévères vis-à-vis de ces parents qui ne prennent pas leur responsabilité, pour garder le « bon rôle » ou qui se déchargent entièrement de leur rôle sur les institutions scolaires ou autres.

Si vous aussi, vous voulez nous parler de votre enfance et la comparer à celle de vos enfants ou petits enfants. 👇👇🏽

Si l’un de vos proches est en résidence et que vous souhaitiez que Mémo-Livre vienne y faire des ateliers, n’hésitez pas à voir nos propositions et à en parler à la direction de l’établissement. 👇👇🏽

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