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Origine d'un concept et d'un nom : Stolpersteine

Une Stolpersteine est un mot allemand qui signifie pierre d’achoppement, c’est-à-dire qui dépasse et sur lequel on butte.

Avant les évènements de la seconde guerre, lorsqu’une personne (non-juive) trébuchait sur un obstacle au sol, une expression populaire disait « Il y a un juif enterré ici. »

Les persécutions Nazies

Tout au long de la montée au pouvoir des Nazies et lors de la seconde guerre mondiale, une sélection par les membres de ce parti s’organise dans la population, au sein de leur pays, mais aussi à travers toute l’Europe. L’objectif est d’éliminé de toute la société les personnes considérées comme indignes : les non-aryens. Rentre dans cette catégorie les étrangers, les juifs, les roms, les tziganes, ainsi que les handicapés, les homosexuels, les opposants politiques…

Exilés, mis en camp, exterminés, beaucoup ne sont jamais revenus.

Un artiste pour les Stolpersteine

Un Artiste allemand, Gunter Demnig souhaite se servir de son art pour parler de ces personnes disparues. Né juste dans l’après-guerre, en 1947, il porte comme toute la population allemande de l’époque, le lourd héritage du nazisme.

Gunter Demnig artiste allemand à l'origine du projet Stolpersteine

L'idée d'une commémoration de la Shoah décentralisée

Il part d’une des premières déportations de masse avec 1000 Roms dans la ville de Cologne le 6 mai 1940. Il obtient l’accord de la mairie, d’écrire sur le sol le long des 20aines km du parcours entre leur quartier de vie jusqu’à la gare d’où ils ont été déportés. Mais même la peinture de façade qu’il avait utilisée, sans en avertir la mairie, ne tient pas. Il a donc l’idée de mettre  quelques plaques de laiton à certains endroits du parcours.

Mais une résidente du quartier de longue date lui fait remarquer que ces gens n’habitaient pas là. 

Or les Roms habitaient dans la ville et ailleurs, bien intégrés dans la communauté, comme les juifs et les autres persécutés du nazisme.

Sur le principe du projet civil soviétique « dernière adresse connue« , l’idée se transforme pour commémorer les victimes du nazisme à leur dernière adresse connue.

Naissance du projet Stolpersteine

L’idée n’est plus de faire des mémoriaux globaux, mais d’identifier chaque victime individuellement. Les personnes porteuses du projet peuvent être des associations, des familles, des communes… Ce sont des plaques qui commémorent des personnes connues dont une biographie peut être faite en parallèle de la dépose de la pierre. 

Ce mémoriel devient donc décentralisé et se trouve partout où vivaient les victimes. Elles retrouvent ainsi leurs places au sein de la ville et pour ne plus la quitter. Elle est mise dans le sol sur le principe de la maxime allemande d’une pierre qui fait trébucher, et parce que c’est un espace public contrairement aux façades des maisons où bons nombres de propriétaires pourraient s’opposer au projet..

Elle est en laiton pour être visible et le passage des pas l’empêche d’être oublié puisque cela la polie.

Stolpersteine, pierre d'achoppement pour une déportée française
stolpersteine, pierre qui fait trébucher pour un déporté juif français

Débuté en Allemagne, le projet concerne maintenant toute l’Europe et la France en voit de plus en plus au sein de ses villes.

Alors que nous avons fêté le 75 ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, ce sont déjà plus de 75000 Stolpersteine que l’on peut trouver de par le monde.

Et pourtant, elles ont toutes été faites à la main, avec respect. Elles sont aussi le plus souvent transportées par l’artiste lui-même à travers l’Europe.

L’idée est de lutter contre le déni plus difficile quand le souvenir est devant votre porte. C’est permettre à la personne déportée retrouvée sa dignité en n’étant pas associé à son lieu de persécution mais à son lieu de vie. C’est remettre le déporté dans la communauté où il était intégré et d’où il a été violemment arraché par ce « ici habitait ». Mettre son nom, c’est personnifier la personne et lutter contre l’oubli tel que le définit le talmud en oubliant son nom.

Pour ou contre les stolpersteine

Comme tous les phénomènes qui prennent de l’ampleur, celui-ci a beaucoup de partisans mais aussi ses détracteurs. Deux villes se sont montrées jusque-là inflexibles Munich et Paris. Plus sur la forme que sur le fond, les porte-paroles des représentants juifs de ces villes regrettent que ces éléments urbains placés sur le sol autorisent le passant à marcher dessus, ce qui pour eux est un signe d’irrespect.

Le cas de Varsovie et Cracovie semble différent. Ces deux villes semblent d’après nos derniers renseignements ne pas accepter les Stolpersteine car ce serait  » un concept artistique et commémoratif spécifiquement allemand » qui ne conviendrait pas à la culture de la mémoire adoptée en Pologne. Les autorités craignent que les visiteurs pensent que les crimes ont été commis par les Polonais et demande qu’il soit stipulé que le Reich allemand est responsable de leurs morts.

Mais le débat plus vaste ne peut tenir ici et je vous propose de suivre ce lien si vous avez plus de temps.

De même si vous, ou une personne que vous connaissez êtes porteurs d’un projet de dépose de pierre en France, je vous conseille de contacter l’antenne française de Stolpersteine.

Je finirais cet hommage avec une citation de Cassandra Dupuis « C’est une belle définition de l’Histoire. Trébucher sur la mémoire, pour que personne n’oublie. »

N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez savoir comment vos enfants peuvent participer à un autre projet mémoriel connexe de celui-ci au sein de leur collège. 

Mémo-Livre est à vos côtés pour faire vivre la mémoire !

Catégories : BlogLa Shoah

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