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N’avez-vous jamais été émus par une chanson ? Ne vous êtes-vous jamais identifiés à des paroles qui résonnent douloureusement dans votre histoire ? Cela m’est arrivé à de nombreuses reprises et les textes de mon chanteur favori Jean-Jacques Goldman avaient l’art de faire mouche. Mais curieusement celle qui m’émeut le plus n’est pas liée à mon histoire personnelle mais à notre Histoire collective.

« Comme toi » est une chanson sortie en 1982 qu’il a écrite pour parler de la Shoah. On a un thème universel et pourtant associé à la seule communauté juive, qui serait selon certains la plus concernée. Dans sa chanson, Jean-Jacques Goldman tente de redonner sa place de désastre de l’humanité à ce passé commun.

Il décrit une enfant, comme les autres, avec son visage, sa robe et ses jouets. Il personnalise dans une enfant intemporelle l’image de son héroïne. Elle a des amis et même un petit prétendant. Dans le même temps, il décrit des prénoms bibliques de l’Ancien Testament et une ville qui touche vite l’imaginaire de l’auditeur, Varsovie. Cette ville reste marquée par le génocide des juifs par les nazis.

Une fois le contexte placé, l’ambiance tendre du début bascule peu à peu. On associe le visage de la petite à un prénom Sarah, et que l’auteur introduit la scène dramatique : « sa vie, c’était douceur, rêves et nuages blancs. Mais d’autres gens en avaient décidé autrement » Le couplet de la fin sépare l’auditeur de la petite fille, comme dans un dernier coup de scalpel : celle qui jusque-là était comme toi « n’est pas née comme toi, ici et maintenant ».

Jean-Jacques Goldman rend palpable dans cette chanson l’universalité de ce crime. Et redonne à chacun la légitimité d’en pleurer. Le solo de violon rajoute la nostalgie nécessaire pour emporter le cœur des récalcitrants.

Que dire de plus ? La mémoire ne retient que les faits liés à une émotion. Les nazis ont donc définitivement perdu leur pari : nous ne pourrons jamais oublier ce qui s’est passé.

Mais qu’en avons-nous retiré ? Avons-nous vraiment retenu la leçon ? …

Cette chanson résonne aussi dans le livre de Tatiana de Rosnay paru en 2007 : « Elle s’appelait Sarah« . Un nom pas choisi par hasard, en effet il parle aussi de la shoah par le regard d’une enfant Sarah. De même, on retrouve le même parallèle entre présent et passé pour emporter le lecteur dans un passé plus présent que jamais. C’est un roman fiction, mais ce va-et-vient entre les deux temps de l’histoire en fait selon moi un témoignage poignant. Il force le lecteur à accepter Sarah dans son quotidien, et là encore, la séparation finale n’en est que plus douloureuse.

Cet article vous a évoqué de doux souvenirs ?  N’hésitez pas à me les raconter.

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